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Mademoiselle a trois ailes

Structurellement créative

Ménager le suspens

Parmi les armes que l’auteur possède pour ménager son suspens et ses effets, la maîtrise des différents niveaux d’énonciation est à mon sens l’une des plus efficaces.

La question clé est :

  • qui parle à qui ?
  • à qui s’adresse le message ?

En linguistique on parle d’un message « encodé » par l’émetteur et « décodé » par le récepteur.

L’encodage du message est déterminé par :

  • la psychologie de l’émetteur,
  • la nature du discours,
  • le media utilisé,
  • l’origine de la langue,
  • le profil du destinataire
  • et le contexte physique et social.

Niveau 1 – les protagonistes de l’histoire

Votre scénario ou votre roman raconte l’histoire d’un héros qui communique avec des protagonistes. Voici sur ce schéma de quelle manière un message est transmis et de quelle manière il est reçu.

énonciation directe

Prenons l’exemple d’une intrigue autour d’un amour adultère. Un homme est en compagnie de sa femme, de sa maîtresse et de la domestique. Il dit à sa femme : « Tu es rayonnante, ma chérie. L’amour te va si bien ». Or, bien qu’il s’adresse à sa femme, le compliment est en fait adressé à sa maîtresse. La domestique qui est au courant de l’aventure, comprend le double sens du discours et guette la réaction de sa patronne.

On voit bien ici que l’encodage du message est à la fois défini par l’émetteur, les destinataires directs et indirects, le double sens du discours et le contexte social.

En étant très conscient des jeux de pouvoir dans le réseau de personnages, l’auteur peut organiser

  • la rétention d’information,
  • le mensonge,
  • la divulgation de fausse piste
  • et la révélation de secret.

Ainsi il est maître des informations qu’il délivre à qui, à quel moment et comment.

Mais l’énonciation recèle encore bien d’autres possibilités pour l’auteur ! Car dans une histoire, il n’y a pas que les protagonistes qui communiquent entre eux. Il y a également le meta discours qui relie de manière intangible l’auteur à son public.

Niveau 2 – le méta discours

Le meta discours est un énoncé indirect entre l’auteur et le public. Bien que l’histoire soit clairement destinée au public, elle ne lui est pas adressée directement.

L’histoire est le message encodé par l’auteur et décodé par le public.

Le décodage se fait en l’occurrence en termes d’intrigue, de thématique et d’intention d’écriture. Tout le génie de l’auteur consiste à encoder ses motivations d’écriture pour que le public les reçoive indirectement.

Meta discours

Et c’est bien là que réside toute la beauté de la chose !

Car l’auteur est bel et bien aux commandes. Ne pensez surtout pas que les relations entre l’émetteur/récepteur et l’auteur/public soient parfaitement étanches.

Bien au contraire !

Retenez bien ceci, la gestion et la distribution des informations tiennent dans ce carré magique.

L’émetteur peut donner des informations au public sans que le récepteur soit au courant, et inversement. L’auteur peut communiquer directement avec l’émetteur et/ou le récepteur.

Demandez-vous toujours, qui a l’information et qui ne l’a pas. Tout le suspens réside là.

Prenons l’exemple d’un tueur en série qui traque une jeune fille innocente. Le public connait les intentions du tueur, mais la jeune fille est inconsciente du danger qui la guette. N’avez-vous pas envie de hurler à la victime potentielle qu’elle va bientôt mourir si elle ne se met pas à courir immédiatement ? Dans ce cas précis, le public partage l’information avec l’émetteur, mais pas avec le récepteur.

A vous de jouer !

Exercez-vous dans vos films ou romans préférés à détecter :

  • qui s’adresse à qui ?
  • qui a l’information ?
  • qui ne l’a pas ?
  • et reproduisez cela dans vos propres histoires !

Laetitia

Elle a consacré ses études et une partie de sa carrière à comprendre ce qui faisait d’une histoire, une « bonne » histoire. Quelles en étaient les composantes structurelles ? Comment s’architecture un récit ? Quels sont les ingrédients indispensables ? De l’idée à la rédaction, elle a mis au point une méthode d’écriture qui s’appuie sur des approches scénaristiques anglo-saxonnes, sur un marketing d’auteur 3.0 et sur des outils de coaching empruntés aux neurosciences. Avec ce procédé, elle offre aux auteurs l’opportunité d’écrire la « meilleure » histoire de leur vie.

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