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Mademoiselle a trois ailes

Structurellement créative

Comment créer de l’empathie avec un héros antipathique grâce aux timbres psychologiques ?

Tout d’abord, qu’est ce qui crée l’empathie ?

Quelle est la réaction biochimique qui entraîne l’adhésion du public à un personnage ?

Il y a deux facteurs à prendre en compte :

  • Le fait que le lecteur s’identifie aux émotions du protagoniste
  • Le fait que le lecteur s’identifie aux situations vécues par le protagoniste

L’état émotionnel

Dans le guide du scénariste, Christopher Vogler explique qu’une bonne histoire provoque des réactions physiques dans notre corps : frisson, chair de poule, sourire, rire, papillon dans le ventre, gorge serrée, larmes, etc. Et à son sens c’est le meilleur indicateur de fonctionnement qu’il soit !

L’être humain est en effet sensible à des actes dits « héroïques » et qui favorisent la connexion psychologique avec le protagoniste :

  • noblesse des actions
  • noblesse de sentiments
  • souffrance d’autrui
  • personnage en danger
  • personnage abandonné
  • fascination / sidération par rapport au Mal
  • récit de galère et/ou de succès (storytelling)

Le vécu

C’est en ce sens notamment que le storytelling est un excellent outil pour créer l’engagement, car le public se reconnaît dans le vécu du narrateur.

Quelles sont ces situations au juste ?

Georges Polti a établi 36 situations dramatiques humaines en étudiant le répertoire classique de la littérature, mais qui sont encore loin d’être exhaustives :

  • Implorer
  • Sauver
  • Venger un crime
  • Venger un proche
  • Être traqué
  • Détruire
  • Posséder
  • Se révolter
  • Être audacieux
  • Ravir ou kidnapper
  • Résoudre une énigme
  • obtenir ou conquérir
  • Haïr
  • Rivaliser
  • Adultère meurtrier
  • Folie
  • Imprudence fatale
  • Inceste
  • Tuer un des siens inconnus
  • Se sacrifier aux proches
  • Tout sacrifier à la passion
  • Devoir sacrifier les siens
  • Rivaliser à armes inégales
  • Adultère
  • Crimes d’amour
  • Le déshonneur d’un être aimé
  • Amour empêchés
  • Aimer l’ennemi
  • L’ambition
  • Lutter contre Dieu
  • Jalousie
  • Erreur judiciaire
  • Remords
  • Retrouvailles
  • L’épreuve du deuil
  • Dilemme

Pour autant, il y a des œuvres qui ne suivent pas ces règles.

Le héros y est profondément loser, antipathique pour ne pas dire négatif, et cela n’empêche pas le public d’adhérer.

Voyons maintenant comment les timbres psychologiques utilisés en analyse transactionnelle peuvent aider à construire un personnage antipathique et empathique à la fois !

Timbres psychologiques et gros lots

L’analyse transactionnelle démontre que l’être humain est naturellement collectionneur.

Collectionneur de points, de vignettes, de timbres, d’autocollants…

Une fois le bulletin rempli, le collectionneur gagne un cadeau, une remise promotionnelle, un bon d’achat, etc.

Eh bien émotionnellement, la collection de timbres existe aussi… mais le bénéfice du gros lot est plutôt d’ordre négatif.

C’est le principe de la coupe pleine. A force, elle déborde.

Du coup, le personnage peut être un collectionneur de timbre de frustration, de jalousie, de colère, de rejet, d’humiliation, de dépression, de culpabilité et d’impuissance. Le message que l’accumulation de timbres renvoit au protagoniste est le suivant : « Tu n’existes pas », « Tu ne comptes pas ».

Dans Breaking Bad, Walter White collectionne tellement de timbres de frustration et d’impuissance que le public en vient à légitimer son entreprise illégale de stupéfiant :

  • Enfant handicapé
  • Femme négligente des attentes de son mari
  • Belle-famille méprisante
  • Travail peu gratifiant
  • Banqueroute financière
  • Cancer
  • Condamné à deux ans d’espérance de vie

Dans Carrie, la jeune adolescente sombre dans la violence car sa collection de timbres de rejet et d’humiliation est archi pleine :

  • Mère psychotique et intégriste
  • Victime de maltraitances de sa mère
  • Victime de maltraitances de ses camarades

Le principe de timbre et de gros lot appartient à un procédé narratif connu sous le nom de préparation et paiement.

Dans Breaking Bad ou Carrie le public est préparé voire averti des mauvais traitements subis par le personnage, le paiement en termes de crime ou de violence en est la conséquence logique.

Le principe de causalité est au cœur de ce mécanisme : « Aucune pensée n’habite notre tête sans en payer le loyer ».

A vous de jouer !

  • Quels actes quotidiens de mortification subit votre personnage ?
  • Quel timbre collectionne-t-il ?
  • Quel gros lot reçoit-il ?

Laetitia

Elle a consacré ses études et une partie de sa carrière à comprendre ce qui faisait d’une histoire, une « bonne » histoire. Quelles en étaient les composantes structurelles ? Comment s’architecture un récit ? Quels sont les ingrédients indispensables ? De l’idée à la rédaction, elle a mis au point une méthode d’écriture qui s’appuie sur des approches scénaristiques anglo-saxonnes, sur un marketing d’auteur 3.0 et sur des outils de coaching empruntés aux neurosciences. Avec ce procédé, elle offre aux auteurs l’opportunité d’écrire la « meilleure » histoire de leur vie.

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